Contrairement à une transaction bancaire dont les deux parties gardent des traces exhaustives de tous les détails, et dont vous vérifiez a posteriori l’exactitude sur votre relevé de compte, un système de vote électronique censé garantir l’anonymat doit protéger le secret de votre vote. Celui-ci est enregistré dans la mémoire électronique de façon à ce qu’on ne puisse pas en retracer l’origine (plus précisément l’ordre d’enregistrement des votes). Vous-même n’avez pas de moyen de savoir ce qui a réellement été enregistré : (...)
14 autres y songent. 3 projets fédéraux. Aucune machine française ne le fait, et au moins un des fabricants (Nedap) y est défavorable.
L’intérêt du bulletin imprimé vérifié par l’électeur est expliqué ici, avec la situation pays par pays.
Concernant les états composant les USA, La situation évolue très vite depuis 2004, et peut-être suivie sur le site VerifiedVoting.org.
Au niveau fédéral, trois projets de loi ont été déposés.
Aucune machine agréée en France ne le fait, et rien dans la loi ne les y (...)
Les urnes sont transparentes pour symboliser que l’élection se fait au vu de tous, et contrôler par exemple qu’elle est vide au début du scrutin.
Il est plus difficile d’expliquer le secret qui entoure les logiciels des machines à voter : prétendue sécurité par l’obscurité, protection commerciale, voire qualité médiocre.
Le premier argument invoqué est la sécurité. C’est recourir au concept contestable de sécurité par l’obscurité. C’est comme de cacher un double de la clé de votre maison, au cas où vous seriez enfermé dehors. La (...)
Cet avantage est souvent mis en avant par les villes ayant adopté le vote électronique, parmi d’autres arguments. Cela permet indéniablement aux assesseurs et au personnel municipal de rentrer chez eux plus tôt, mais faut-il s’extasier à ce point sur un gain de quelques heures une ou deux fois par an ? N’est-ce pas le signe d’une société où tout doit aller de plus en plus vite ?
Les médias ont d’autres résultats à se mettre sous la dent : estimations, sondages à la sortie des urnes. Déjà que les soirées électorales ne (...)
Evidemment déjà parce qu’il n’y a plus de bulletins en papier. On peut certes demander à la machine de recompter, et d’imprimer un deuxième ticket. Mais cela ne sert pas à grand chose : si il y a erreur, elle est dans la conception du logiciel, et se reproduira probablement à l’identique. La principale propriété d’un ordinateur est de faire exactement ce qu’on lui demande, même quand cela est mal formulé.
Si on recompte parfois les bulletins papier, c’est parce que les humains ne répètent pas la même erreur (...)
Et bien sûr, aucun simple citoyen... Les machines à voter sont des ordinateurs, parfois des PC semblables au votre, mais dans un boitier adapté. Ce qui en fait des machines à voter est donc essentiellement le logiciel qui y tourne. Analyser ce logiciel est donc fondamental, et cela ne peut se faire sans examiner son code source.
C’est une objection de principe au vote électronique.
Cela peut aussi se voir comme un mal nécessaire dans certaines situations, par exemple quand les scrutins sont complexes (beaucoup d’élections le même jour) tels les USA. Ce pays tente de redonner le contrôle au citoyen par le bulletin imprimé vérifié par l’électeur.
Ce sont des tâches effectuées par deux parties différentes du logiciel qui est dans la machine à voter, donc l’une peut être exacte et l’autre erronée (voire pire). Comme dans tout logiciel, il peut y subsister des défauts, et qu’il soit en général secret n’incite pas à la qualité. La plupart des défauts sont éliminés lors des tests, avant la commercialisation, mais certains particulièrement subtils peuvent perdurer. Une erreur dans l’affichage sera plus facilement détectée qu’une erreur dans l’enregistrement, car (...)
Même si les constructeurs sont (en général) européens, les machines à voter utilisées en France obéissent aux mêmes principes que les machines américaines, et sont potentiellement sujettes aux mêmes problèmes.