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Les kiosques électroniques

23 février 2007

 
Les kiosques électroniques sont un intermédiaire entre les deux grandes catégories de vote électronique : les ordinateurs de vote placés dans les bureaux de vote (“machines à voter” selon le code électoral), et le vote à distance (en général par Internet).

Le terme de “kiosque électronique” semble avoir été forgé par le Ministère de l’Intérieur ou un fabricant. Le terme de “kiosque” désigne parfois à l’étranger des ordinateurs de vote isolés.

Il s’agit de terminaux mis en place par les organisateurs de l’élection et qui sont connectés à des serveurs faisant tourner un logiciel de vote par internet. L’intention est d’une part d’éviter d’utiliser l’ordinateur de l’électeur, impossible à sécuriser, et d’autre part de contrôler l’environnement : pour une élection majeure, ces terminaux seraient placés dans des bureaux de vote (par contre, en Italie, des referendums locaux ont été organisés en plaçant les terminaux en "libre-service" dans des bars, supermarchés...1). Ainsi, on s’assurerait du secret et de l’indépendance du vote  : le bureau de vote garantit que l’électeur vote sans coercition, sans possibilité de vendre son suffrage et sans être observé.

Contrairement à la plupart des ordinateurs de vote/“machines à voter”, qui se limitent à enregistrer les votes, identification et émargement sont gérés. L’électeur s’identifie sur le kiosque électronique par divers moyens : en y insérant une carte à puce ou une carte à code-barre, voire également en plaçant son doigt sur un capteur biométrique d’empreinte digitale. La liste électorale est placée sur un serveur, permettant ainsi de voter depuis n’importe quel terminal. De même, l’enregistrement du vote provoque automatiquement la mise à jour d’une liste d’émargement elle aussi informatisée et centralisée.

Avantages espérés et difficultés

Selon le Ministère de l’Intérieur2, les kiosques présentent déjà les avantages des ordinateurs de vote/machines à voter :

et y ajoutent d’autres avantages :

Toutefois, pour ce qui est de lutter contre l’abstention, les ambitions du Ministère de l’Intérieur sont modestes. Il espère que les kiosques « contribueront à contenir la baisse de la participation », considérant que la participation « est liée à des causes plus larges, beaucoup plus profondes, que les conditions matérielles ou techniques du vote. ».

Avant de mettre en place les kiosques, le Ministère de l’Intérieur voit trois points à régler :

Notre avis

Par d’autrres moyens ?

Afin de permettre à l’électeur de voter depuis n’importe où, on pourrait se contenter d’agir au niveau des listes électorales, sans informatiser le vote lui-même :

Avec ces solutions, voter en dehors de sa circonscription pourrait être complexe ou impossible (seuls l’élection présidentielle et les référendums n’ont qu’une circonscription unique : la France entière). Il faut d’une part rendre partout disponibles les bulletins de toutes les circonscriptions, et d’autre part dépouiller les suffrages d’électeurs de passage sans porter atteinte au secret de leur vote (par exemple, si un seul électeur d’une circonscription donnée vote dans un bureau loin de chez lui).

Les dernières fraudes en France concernaient les listes électorales. Lors des élections de 2006 aux Pays-Bas, le soupçon a couru que des électeurs avaient voté deux fois. Il faut donc être très prudent.

Fabricants et expérimentations

Un exemple de kiosque électronique est e-Poll de France Telecom, expérimenté depuis plusieurs années (détails). EADS envisage de décliner son système de vote par Internet Cybervote sous forme de kiosques6. D’autres fabricants, tel Indra, étudient comment faire évoluer leurs ordinateurs de vote vers une utilisation en réseau.

En France, les kiosques électroniques sont expérimentés depuis 2002. Leur utilisation réelle nécessiterait des modifications législatives, car le système actuel est basé sur l’inscription sur une liste électorale affectée à un bureau de vote (article L. 17 du Code électoral). Ils ont failli être introduits dans le code électoral en 2005 dans une grande impréparation. Il n’y aura pas d’autre tentative avant 2008.

Aucun autre pays n’utilise actuellement de système comparable. En Côte d’Ivoire, un projet de vote électronique fait penser aux kiosques électroniques.

2 Intervention du chef du bureau des élections et des études politiques, lors du colloque de l’AMGVF en avril 2006.

3 La e-démocratie, enjeux et perspectives, Club.Sénat.fr, novembre 2002, page 43.

4 Comme action concrête contre la fraude, il mentionne le nettoyage des listes électorales en Corse. Cela date déjà de plusieurs années.

5 e-poll, système expérimenté depuis plusieurs années, n’a pas prévu d’être interopérable.

©© ordinateurs-de-vote.org - dernière modification : vendredi 23 février 2007.
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