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Ordinateurs-de-Vote.org | Citoyens et informaticiens pour un vote vérifié par l'électeur |
19 août 2005
Efficacité du lobbying, volonté des élus locaux de « faire moderne », d’être in ! à peu de frais, absence de réelle intervention de l’Etat, désintérêt des médias... Autant d’éléments qui peuvent expliquer le processus de généralisation des machines électroniques dans nos bureaux de vote.
Alors que l’acte même de voter est au cœur du processus démocratique, que notre société traverse une crise de la participation électorale sans précédent, que le système politique éveille plus la méfiance que la confiance,
Alors que l’Irlande remet en question l’utilisation de machines identiques à celles qui nous sont proposées, que la Belgique qui les utilise depuis 14 ans imagine de proposer une loi supprimant le vote électronique,
Alors que la pagaille des élections américaines de 2004 (même si le vote électronique n’est pas seul en cause) alimente encore les blagues de potaches de l’ENA et de Science-Po,
tranquillement, pour des raisons d’économies et de rationalisation ici, de modernisation inéluctable là, les municipalités investissent dans des ordinateurs à voter dont le logiciel n’est pas public et n’est contrôlé que par les programmeurs de l’entreprise propriétaire.
Ce qui est particulièrement surprenant dans toute cette affaire c’est autant la confiance béate de nos élus en l’infaillibilité de l’informatique (on a même parlé d’aller vers le vote par Internet dès 2009 !) que l’absence totale de débat, de réflexion de fond sur une question aussi fondamentale de notre système politique. La prise en compte de l’expression du suffrage de chacun et les modalités de contrôle qui garantissent la confiance de chaque électeur dans l’équité du système sont les éléments clés de la participation.
Il était nécessaire, certains penseront salutaire, qu’un site comme le notre voit le jour. Internet, l’informatique, le multimédia peuvent être des vecteurs de la démocratie ; des initiatives citoyennes, comme la notre en apporte la preuve tous les jours, mais pas dans l’isoloir !!!
Une élection doit être transparente et contrôlée par le citoyen fut-il dépourvu de connaissances informatiques.
Pour prendre un exemple concret, certains d’entre nous ont été assesseurs lors du référendum. Le matin, au lieu d’une urne transparente dont nous aurions pu contrôler la vacuité de nos propres yeux, un ordinateur a craché un ticket affirmant que sa mémoire était vide. Que pouvions-nous réellement en savoir ? D’autant plus que nous avions à l’esprit que cette machine à voter avait été agréée sans le moindre examen de son logiciel. Lequel logiciel n’est pas public. En fin de compte, seuls quelques programmeurs dans un pays étranger avaient la réponse.