Ce communiqué en format PDF.
Les parlementaires demandent à leurs collègues
du gouvernement
des réponses face au silence de l’administration et au
manque de
transparence qui caractérise le dossier des machines
à voter.
Suite aux inquiétudes et aux incidents relevés
lors de l’utilisation
d’ordinateurs de vote par 1,7 million d’électeurs ce
printemps, des
député-e-s et sénateurs
interpellent le gouvernement au moyen de questions parlementaires.
- Mme Zimmermann (députée de la Moselle
- UMP) et M. Masson
(sénateur de la Moselle - Non inscrit) demandent
si « il conviendrait d’interdire
définitivement toute possibilité
d’organisation des scrutins autrement que par le biais de bulletins
comme cela a toujours été le cas par le
passé. ». [6]
- M. Le Fur (député des
Côtes-d’Armor - UMP ) requiert
« un bilan précis de leur utilisation
» et de « préciser
leur coût ainsi que les perspectives d’utilisation lors des
scrutins
(...) des années 2008 et 2009 ».
- M. Raoult (député de la
Seine-Saint-Denis - UMP) s’inquiète
« des polémiques et des
récupérations politiques diverses visant
notamment à instrumentaliser ces dysfonctionnements pour les
motiver
sous forme de recours en invalidation des élections
législatives ».
Rappelons que des ordinateurs non conformes à leur
certificat
d’agrément ont été
découverts dans de nombreux bureaux de vote de son
département[1]. Il demande « une
présentation claire de ce dossier
».
- M. de Rugy (député de la
Loire-Atlantique - Verts) rappelle
la nécessité de « veiller
à la régularité des scrutins
», et
interroge si il faut « interdire le recours
à ces machines pour les
prochaines élections municipales et cantonales de mars 2008
».
- M. Courtial (député de l’Oise - UMP) demande
« quelles dispositions pourraient être
prises en faveur des
personnes mal voyantes et non voyantes » et
évoque l’utilisation de
bulletins spéciaux ou de machines à voter, tout
en constatant que « pour
des raisons financières, mais aussi techniques (les
machines à voter ne fonctionnent pas toujours
très bien), le
territoire national est loin d’être couvert dans sa
globalité par ce
type de machine ».
- M. Cinieri (député de la Loire - UMP)
constate
que les ordinateurs de vote « semblent ne pouvoir
garantir, à ce
jour, ni la bonne organisation du scrutin ni sa
sécurité en matière de
sincérité ».
- M. Warsmann (député des Ardennes -
UMP) interroge
sur « l’utilisation de machines de vote
électronique à l’occasion
des prochaines élections, suite aux difficultés
rencontrées lors des
derniers scrutins. »
- M. Courteau (Sénateur de l’Aude - PS) demande
quels « enseignements » ont
été tirés et les « perspectives
qui en résultent ».
Dix-sept sénateurs défendent
les libertés
fondamentales et proposent
au gouvernement l’abrogation pure et simple des machines à
voter.
Juste après les élections
législatives, M. Dallier (Sénateur de la
Seine-Saint-Denis - UMP) a déposé une proposition
de loi «
visant
à interdire l’utilisation des machines
à voter » en expliquant
«
Ce
type de dispositif cause bien plus de problèmes qu’il n’en
résout. Pour
gagner deux heures lors du dépouillement, on jette le doute
sur ce
qu’il y a de plus important dans une démocratie : le
résultat des
élections.
Car avec ces machines, aucun citoyen ne peut vérifier la
régularité du
scrutin. Elles se comportent comme des boîtes noires, dont on
ne peut
être certain à 100% du fonctionnement. »[2].
Sénateurs ayant cosigné la proposition de loi du
Sénateur Philippe
Dallier :
- Mme. Paulette BRISEPIERRE,
- Mme. Françoise HENNERON,
- Mme. Christiane HUMMEL,
- Mme. Lucienne MALOVRY,
- Mme. Bernadette
DUPONT,
- Mme. Janine ROZIER,
- Mme. Gisèle GAUTIER,
- M. Paul GIROD,
- M. Roland du LUART,
- M. Auguste CAZALET,
- M. Roger BESSE,
- M. Jean PUECH,
- M. Louis GRILLOT,
- M. Louis DUVERNOIS,
- M. Jean-Léonce DUPONT,
- M. Alain MILON.
Le vote électronique mauvais
élève des
institutions démocratiques
: une étude juridique du Sénat pointe les
dysfonctionnements à
l’étranger alors qu’une étude de l’OSCE,
réalisée à l’occasion de la
Présidentielle 2007, vise le manque de transparence des
agréments en
France et certaines difficultés d’ordre institutionnel.
Récemment, le Sénat a publié une
étude de législation comparée de
divers pays européens utilisant le vote
électronique, étude qui
conclut : «
Le vote électronique ne
répond pas aux espoirs qu’il
a nourris ». [3]
De son coté, l’OSCE (Organisation pour la
Sécurité et la Coopération en
Europe), missionnée par le gouvernement français,
vient de
publier son rapport d’observation de l’élection
présidentielle. Ce
rapport stigmatise le manque de transparence et de rigueur de
l’administration chargée de l’organisation des
élections, tant dans la
gestion des agréments que dans la diffusion de l’information
les
concernant.
[5]
Un premier pas du Conseil d’État et de
l’administration chargée des élections
à encourager..... mais encore
sujet à caution.
En septembre, le service technique chargé des
élections au sein du
Ministère de l’Intérieur a
formé, avec deux membres du Conseil
d’État,
un groupe de travail
très restreint composé de hauts fonctionnaires et
d’institutionnels
afin de faire «
toutes propositions utiles quant
à une éventuelle
refonte du règlement technique et quant à
d’éventuelles modifications
du code électoral » dans le but de
«
renforcer la confiance des
citoyens dans le recours aux nouvelles technologies
». Cela
suffira-t-il à répondre aux interrogations de nos
parlementaires ? Les
citoyens
électeurs se sentent-ils bien
représentés dans ce groupe de travail qui
prévoyait de comprendre des «
représentants
de la société civile
» ? [4]
De source autorisée, d’influents institutionnels et
industriels,
promoteurs du vote électronique, tentent d’orienter les
conclusions de ce groupe de travail vers la mise en place des
"solutions"
suivantes, au mépris du respect
élémentaire des droits fondamentaux
chers à la patrie des Droits de l’Homme :
- Mise en place de standards français et
européens (spécifications
et agréments identiques et valables indistinctement dans
tous les pays
d’Europe).
- Consultation
industrielle pour des machines à voter de
deuxième génération, gardant
une trace papier, faisant appel aux techniques de cryptographie et
utilisables en ligne avec vérification du statut de
l’électeur sur une
liste nationale informatisée.
- Ouverture sur des plate-formes mêlant logiciels
libres et
systèmes d’exploitation propriétaires (Microsoft).
- Aménagement de la loi pour décourager
durant les élections -
les recours en dénonciation par les
citoyens des pratiques suspectes impliquant les machines
à voter et le vote électronique.
- Modification de la Constitution et du Code
électoral pour
pérenniser ces solutions.
Il faut noter que le mouvement Ordinateurs-de-vote /
CRII-Vote a déjà
eu l’occasion d’examiner ces différents arguments ou projets
des
lobbies : aucun n’a obtenu son visa compte tenu de l’état
actuel des
pratiques sociales, des normes juridiques nécessaires aux
démocraties
modernes et des possibilités des sciences et technologies.
Contacts presse :
Pierre Muller, Président CRII-Vote, 06 63 72 63 56 - presse AROBASE ordinateurs-de-vote.org
[1] Communiqué du 20 juin 2007 -
AulnayCitoyen
a
demandé l’annulation de
l’élection législative dans la 10e
circonscription.
[2]
Proposition de loi,
communiqué,
interview par ZdNet.
[3] Étude de législation comparée
n°
176.
[4] Réponse à la
question
parlementaire de Mme Zimmermann.
[5] OSCE / ODIHR,
Rapport
"présidentielle 2007" : pages 11 et 22.
[6] La
question
de M. Masson est identique à celle de Mme Zimmermann.
©© ordinateurs-de-vote.org
- dernière modification : lundi 5 novembre 2007.